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Etre citoyen, c’est....
"Etre citoyen, qu’est-ce que c’’est pour les responsables des sections de jeunes des principaux partis politiques ?", c’est la question posée par un journaliste de la Dépêche à quatre responsables des sections jeunes des principaux mouvements politiques. A lire la réponse du Président du COJT, Ronny TERIIPAIA qui par un "malheureux" hasard n’a pas été publiée intégralement dans le journal du mardi 20 Novembre 2007. Encore une preuve de l’objectivité de la presse ?
1-Comment se passe la discussion avec les jeunes aujourd’hui et dans quel état d’esprit tu les sens avant les territoriales de janvier ?
Actuellement, en ce qui concerne le COJT, la majorité est totalement consciente des enjeux des territoriales de Janvier 2008. Le déroulement des événements, notamment par rapport à l’attitude impartiale et néocolonialiste de l’Etat qui fixe des règles sans tenir compte de l’avis de la majorité du peuple via les 44 représentants ne nous étonne guère. Nous sommes outrés par l’état actuel des choses, ce qui nous conforte encore plus dans notre volonté à obtenir rapidement notre souveraineté ou pleine autonomie en usant de tous les moyens démocratiques possibles. Mais lorsque ces moyens sont modifiés pour des motifs qui nous semblent clairement fallacieux, nous ne l’acceptons pas.
Au sujet des rumeurs d’un éventuel boycott des élections par le parti. En ce qui nous concerne, nous sommes pour mais il s’agit d’une décision qui doit être prise consensuellement, notamment au cours d’un congrès qui devra se tenir bientôt et en accord également avec nos partenaires de l’UPLD. En tout état de cause, nous sommes prêts à nous lever et à partir en campagne en allant rencontrer les jeunes, en particulier, pour les informer des enjeux . En gagnant ces élections, nous montrerons à l’Etat français que le temps du colonisé qui obéit au doigt et à l’œil est terminé et qu’il ne peut plus mettre de freins à la destinée du peuple mā’ohi et s’opposer à l’HISTOIRE.
La voie vers notre autodétermination est d’ores et déjà engagée.
2-Deux mots sur la notion de citoyenneté.
Tant que notre pays sera sous tutelle, il n’y aura pas de démocratie donc la citoyenneté sera toujours bafouée. Celle-ci, selon la vision occidentale est généralement liée à l’exercice du droit de vote. Or, que constatons-nous sur notre Fenua. Ce droit n’est nullement respecté par l’Etat (annulation des élections aux IDV en 2004, mode de scrutin imposé, projet de loi organique Estrosi, …).
Lorsqu’on n’a pas de droit de cité, à quoi bon être citoyen ? Cette notion de citoyenneté s’acquiert par l’instruction civique dispensée par l’école et vise à en reconnaître le bien fondé, susciter l’adhésion aux valeurs qui en émanent (démocratie, justice, solidarité etc.). Mais comment inculquer des valeurs éthiques requises pour la vie en commun, aux enfants alors qu’ils ont pour modèle, un Etat impartial qui favorise ce genre de déviances démocratiques et nous empêche d’user de nos droits de citoyens.
En tant qu’enseignant, je refuse de cautionner de tels agissements et d’enseigner des valeurs qui ne sont reconnues que lorsqu’on est soumis à un Etat partial. Une position clairement affichée depuis l’avènement du TAUI et l’accession de notre Président Oscar TEMARU à la tête du Pays est, on ne peut plus claire. L’épisode des électeurs de la commune de Tumara’a vêtus de leur t-shirts de leur parti, à Raiatea pendant les élections de Mai 2004 constitue un déni de la démocratie et un viol des valeurs républicaines.
Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, or elle faillit à sa tâche.C’est pourquoi, nous revendiquons notre statut de citoyen mā’ohi par filiation, par naturalisation ou par option à part entière. Etre un bon citoyen, c’est mettre sa commune, son pays en avant, sa nation et nous menons notre combat pour notre magnifique Pays TE AO MĀ’OHI ou TAHITI NUI que nous aimons.
La nationalité française nous est imposée alors que nous ne la ressentons pas. Pour ma part, je ne me suis jamais senti français, je suis mā’ohi, un point c’est tout. Le peuple polynésien a le droit de prendre en main son propre destin, c’est-à-dire de choisir librement son statut international et son organisation politique et administrative comme il est stipulé dans la déclaration universelle des droits des peuples.
Pour en revenir au vote, j’invite tous les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et à aller voter. Il faut qu’ils réagissent et prenne en main l’avenir de leur Pays car il leur appartient !

