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Intervention à l’occasion de l’examen sur le projet de la loi du Pays portant modification de la loi de pays n° 2009-4 du 11 février 2009 relative à la lutte contre l’abus du tabac et le tabagisme.
Intervention de la représentante Tea Hirshon relative à la lutte contre l’abus de tabac et le tabagisme qui a pour objet d’actualiser et de renforcer la réglementation en vigueur.
Monsieur le Président du Pays, Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française, Madame et Messieurs les membres du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Représentants, Mesdames et Messieurs les Journalistes, Cher public et internautes,
Iaorana,
Nous sommes saisis du projet de loi de pays portant modification de la loi du pays n° 2009-4 du 11 février 2009 relative à la lutte contre l’abus de tabac et le tabagisme qui a pour objet d’actualiser et de renforcer la réglementation en vigueur.
Pour ce qui concerne la lutte contre le tabagisme passif, l’article LP3 énonce une définition plus complète des lieux publics frappés de l’interdiction de fumer tout en prévoyant la possibilité d’installer des emplacements réservés aux fumeurs et certaines dérogations. Quant à l’article LP4, celui-ci prévoit la qualification des agents assermentés du service de la jeunesse et des sports pour procéder à la recherche et à la constatation des infractions.
Pour aller encore plus loin dans la lutte contre le tabac, les articles LP1 et LP2 visent à introduire la notion d’importation pour donner aux services de la douane les moyens de procéder à des contrôles, tandis que les articles LP5, 6 et 7 du projet de loi instituent le régime des contraventions applicables aux infractions.
A la lecture du rapport et des dispositions du présent projet de texte, nous ne pouvons que nous féliciter que le Pays envisage de durcir la législation applicable en matière de lutte contre le tabac. Je déplore néanmoins que le texte initial de février 2009 dont l’élaboration avait demandé plusieurs mois, n’ait à ce jour pas trouvé un début d’application.
Cependant, il me semble primordial que cette action soit coordonnée avec l’ensemble des dispositifs visant à combattre les autres formes d’addictions, je fais référence ici bien évidemment à l’alcool et à toutes les substances psychotropes.
A cet effet, je souhaite d’ailleurs interroger le ministre en charge de la santé sur la nature des mesures qu’il compte mettre en œuvre pour lutter contre ces différentes addictions.
Les faits divers relatés dans la presse nous rappellent malheureusement trop souvent que l’alcool reste la cause principale des violences domestique, des bagarres et accidents de la route qui touchent beaucoup de nos jeunes. D’ailleurs, s’il est vrai que les jeunes sont par nature très vulnérables aux différentes addictions et en particulier à l’alcool, on peut se demander si cette consommation excessive ne trouve pas ses racines dans le désœuvrement et la perte des valeurs ?
Si nous voulons réaliser une lutte efficace contre le tabac, l’alcool et les différentes drogues, certes, l’arsenal législatif est nécessaire mais celui-ci ne sera pas suffisant. Il nous faut nous attacher à améliorer la cohésion sociale, à multiplier les actions de proximité visant à préserver nos familles et évidemment à promouvoir le développement de notre jeunesse par toutes actions sociales, éducatives, sportives et culturelles.
Dans un pays où 50% de la population a moins de 20 ans, le défi à relever est énorme !
Posons-nous la question de savoir ce qui a été réalisé dans ce domaine et si nous avons suffisamment fait pour notre jeunesse ?
Je crois que la réponse est tristement négative et que nous n’avons pas suffisamment pris la mesure des enjeux que représente l’insertion de cette jeunesse !
La répression n’enrayera pas les fléaux du tabac, de l’alcool et des drogues, il nous faut prévenir les maux et surtout les soigner. Or en l’absence d’un véritable centre de désintoxication comment soigner nos malades ?
Chers collègues, j’appelle de tous mes vœux l’instauration d’une politique d’intégration volontariste en faveur de ceux qui sont en marge du système éducatif actuel et le plus souvent issus de milieux défavorisés. Ceux-là vont rencontrer de réelles difficultés d’insertion !
C’est le défi que nous devons relever tous ensemble, il en va de notre l’avenir de notre fenua !
