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La mémoire courte du sénateur
Le sénateur M. Gaston Flosse a donné une véritable démonstration de savoir faire politique sur RFO. Tant qu’il était au pouvoir, tout allait bien. Tellement que les électeurs ont voulu le changement en 2004 ! Mais il corrige aussitôt : c’est à partir du moment où il a été renvoyé que tout est parti de travers.
Avant 2004, c’était la belle vie : justice absente et très sélective dans la punition des délinquants. L’Etat signait des dépenses qu’il aurait dû rejeter, le sénateur joue sur du velours.
Quant aux réussites dont il se prévaut, quelques rappels en bref :
La perle promise à un superbe avenir, transformée en planche à billets. Il suffisait d’accorder des concessions maritimes pour sortir des milliards du lagon, sans contrôle de qualité, de suivi de la production ou des exportations,
Les thoniers : trop tard, erreurs sur les bénéficiaires et capitaines importés,
Base du développement de toute société et source d’emplois, l’agriculture méprisée,
Tourisme : seul le haut de gamme méritait considération mais sans la qualité du service, des coûts exorbitants et la saleté en prime. On a même payé 300 millions pour faire déguerpir une compagnie low cost qui satisfaisait la petite hôtellerie et les pensions de familles, entreprises entièrement locales !
Alourdissement insupportable du budget de fonctionnement par la création de services ou de SEM inutiles,
Fiscalité injuste pour les foyers modestes et lourde pour les entreprises,
Les « 10% et bien plus » cités par M. Braun-Ortega à propos des rapports entre le politique et le monde des entreprises,
L’hôpital de Taaone, Tupai, Fakarava, Tahiti Nui 4, la cellule d’espionnage et l’affaire JPK, ATN sous perfusion permanente, l’électricité la plus chère du Pacifique, le relèvement des prix des hydrocarbures après l’affaire du Vanuatu, les sushi (on oublie toujours le champagne), les emplois fictifs, etc. beau parcours !
Pour couronner le tout, un statut qui débouchait sur l’instauration du parti unique. Après les essais nucléaires, la promesse d’une dictature « douce » à l’ombre des cocotiers. Merci l’Etat UMP.
La crise que connaît notre pays n’est pas une conséquence de la crise financière mondiale, c’est d’abord notre crise. Dès la fin des années 90 notre « modèle » économique montrait des signes d’essoufflement. Nous récoltons l’héritage de 30 années d’esbroufe, de gaspillages et de gestion autonomiste alors que l ‘argent de la bombe coulait à flots. Contrairement aux craintes exprimées par des naïfs, la misère n’a pas attendu l’indépendance de Tahiti Nui, elle est le fruit de l’autonomie. A cela s’est ajoutée l’instabilité, conséquence du refus de l’Etat et des autonomistes de reconnaître la victoire de l’UPLD.
Alors oui, M. Fosse est un bosseur, il va vite, il a la pêche, la connaissance et des amis influents, mais il a gaspillé nos énergies et notre argent et cela, c’est vrai, aucun président du pays n’a été capable d’en faire autant.
